Fort de Bellegarde
Dominant les cols du Perthus et de Panissars, le Fort de Bellegarde raconte plusieurs siècles d’histoire militaire et frontalière.Informations pratiques
Tarifs
*Tarif réduit pour les enfants de 6 à 12 ans, les étudiants, les groupes à partir de 10 personnes et les adultes en situation de handicap.
Prestations
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Le Fort de Bellegarde en vidéo
L’histoire de Bellegarde
Une position stratégique majeure
Il est probable qu’une tour à signaux ait été le premier ouvrage militaire construit au sommet de cette colline. En effet, le mot catalan « guarda » est un toponyme évoquant les fameuses tours d’où partaient, selon un code établi, des signaux de feu la nuit et de fumée le jour.
C’est ainsi qu’on alertait les populations et le château des Rois de Majorque de Perpignan, qui centralisait les tours de Madeloc, de la Massana et de Saint-Christophe. C’est sûrement lui qui, dès le début de son règne, avait conçu le plan d’une forteresse en ce lieu d’une importance stratégique capitale pour son fragile royaume. Cependant, la première mention d’un fort médiéval à Bellegarde ne date que de 1324. Il s’agit d’un salaire versé aux servants du château de « Bellaguàrdia ».
Le château médiéval
Les divers documents écrits relatifs aux travaux effectués à Bellegarde durant trois siècles laissent penser que l’enceinte était flanquée d’une ou deux tours. Ce fort, dépourvu d’artillerie, n’a pas connu jusqu’au milieu du XVII° s d’épisodes guerriers. Il s’est contenté de surveiller le plus souvent le va et vient des troupes en campagne.
La première occupation française
C’est donc ce fort médiéval qui devient propriété du roi de France en 1659, quand le Traité des Pyrénées rattache Roussillon Conflent et Cerdagne, au royaume de France. Un mémoire de 1718 qui évoque l’état de Bellegarde en 1660 parle d’une place dépassée, incapable de soutenir un siège et d’inquiéter un assaillant éventuel. En 1666, selon le fonds de l’Extraordinaire des Guerres ses effectifs sont de 17 hommes !
Attaques espagnoles et construction du fort actuel
Vice-roi de Catalogne s’empare de Bellegarde (1674) avant d’en être délogé (1675), met en évidence l’importance stratégique de la place. Dès lors les Français vont se lancer dans la construction d’un fort moderne, assez puissant pour arrêter un envahisseur éventuel.
Les ingénieurs militaires Saint Hilaire et Vauban sont les concepteurs du nouveau château fort qui pourra héberger 1200 hommes et 150 chevaux, et sera doté d’une puissante artillerie. Les travaux confiés à l’entrepreneur des fortifications du Roussillon et supervisés par Sylvestre Dubruelh commandant de la place, vont s’échelonner entre 1670 et 1688. Dès 1686 Vauban qui visite la place constate qu’elle sera « des plus jolies, des mieux situées, très bonne et des plus importantes».
Architecture et défense
Comprendre la forteresse
Le creusement du grand puits
Ce puits, œuvre colossale entièrement taillée dans le roc, a une profondeur de 63 m pour un diamètre de 5m 85. Il est revêtu de maçonnerie dans sa partie supérieure. La hauteur moyenne de l’eau varie entre 27 m et 30 m, ce qui représente un volume de 750 à 850 m3 Entre les citernes et le puits, la forteresse ne pouvait jamais manquer d’eau.
Descriptif de Bellegarde
La seconde enceinte s’élève sur les terre-pleins des bastions Dépourvue de fossé, elle se compose d’une tour ronde et de quatre petits bastions superposés à ceux de la première enceinte. Cette tour dans un ouvrage tout en lignes droites reste un mystère car sa maçonnerie est identique à celle du reste de la forteresse.
L’enceinte enserre une vaste place d’armes fermée au nord par la chapelle et les appartements du gouverneur, tandis que sur les côtés se trouvent les casernements. Toutes ces constructions sont pourvues de caves à l’épreuve des bombes.
Armement de la forteresse
Fortin et redoutes
D’une fortification composée de deux demi-bastions. Au Nord se trouve un angle saillant en forme de demi-lune défendue par une petite redoute. Un fossé a été creusé au pied du rempart ouest et d’une partie du front sud, le reste étant inaccessible. Un chemin couvert entoure cet ouvrage et communique avec celui de la place. L’entrée du fortin était défendue par un pont-levis aujourd’hui disparu. Outre des casernements pour une centaine de soldats, des écuries et une poudrière située sur le front nord, le fortin possède une chapelle et un puits au sud de sa place d’armes.
Au fil du temps
Bellegarde du XVIII° à nos jours
Dés lors Bellegarde rempli son rôle de verrou, mais aussi de réservoir de troupes et de munitions durant toutes les campagnes menées par Louis XIV en catalogne : guerre de la ligue d’Augsbourg (1689-1697) et guerre de succession d’Espagne (1701-1715). Après la mort du monarque français et l’affermissement de son petit-fils Philippe V sur le trône d’Espagne s’ouvre pour Bellegarde un longue période de paix. La forteresse devait connaître à nouveau la guerre presque un siècle plus tard à la Révolution française.
En 1793 le général espagnol Ricardos envahit le Roussillon et met le siège devant Bellegarde. Privée de tout et bombardée sans répit pendant deux mois la garnison est obligée de capituler. L’année suivante le général Dugommier, après avoir contraint l’armée espagnole à refluer en Catalogne, organise le blocus de Bellegarde. Il interdit tout bombardement car il veut rendre à la place en bon état. Quatre mois et demi plus tard, les espagnols signent la capitulation.
La place ne connaîtra plus la guerre. Elle servira aux troupes de napoléon, pendant les campagnes de Catalogne (1808- 1813). L’armée y maintiendra un régiment après la guerre mondiale puis Bellegarde servira d’hôpital en 1939 pendant la Retirade des républicains espagnols avant d’héberger des soldats allemands de 1943 à 1945. désaffecté par l’armée qui le cède aux domaines, puis racheté par la municipalité du Perthus, le fort de Bellegarde s’est tourné vers un destin plus pacifique. Il est ouvert à la visite de fin mai à fin septembre.
Texte de Jean Tocabens
Les immanquables de Bellegarde
Le Puits
Cependant, les citernes se révèlent sans doute insuffisantes puisque l’on reprit les travaux de creusement d’un puits dans le bastion de Saint-André. Ce puits, œuvre colossale entièrement taillée dans le roc, a une profondeur de 63 m pour un diamètre de 5,85 m. Il est revêtu de maçonnerie dans sa partie supérieure. La hauteur moyenne de l’eau varie entre 27 et 30 m, ce qui représente un volume de 750 à 850 m³. Entre les citernes et le puits, la forteresse ne pouvait jamais manquer d’eau.
Stèle du général Dugommier
Entré à quinze ans dans l’armée, il se signale en 1759 et 1762 pendant la guerre de Sept Ans dans la défense de la Guadeloupe puis de la Martinique contre les Anglais.
À la Révolution française, il se distingue comme patriote. Élu membre de l’Assemblée coloniale et nommé commandant de la garde nationale de la Martinique, il s’implique dans la répression des troubles qui agitent l’île. En 1793, il sera l’un des grands vainqueurs du siège de Toulon. Ses stratégies militaires novatrices et sa grande valeur militaire reconnue par le gouvernement le portent à la tête de l’armée des Pyrénées-Orientales en janvier 1794.
La campagne entreprise avait pour but la libération du territoire français tombé aux mains des Espagnols lors de l’intervention des troupes du général Ricardos en 1793. Sa brillante victoire à la bataille du Boulou, inscrite sur le pilier ouest de l’Arc de Triomphe, lui permit de repousser l’ennemi derrière la frontière et de libérer Bellegarde après quatre mois de siège, le 17 septembre 1794.
Malheureusement, le 18 novembre, lors de la bataille des Lignes de Figueras, alors qu’il déjeunait derrière une murette de pierres sèches sur les pentes du Montroig, un boulet de canon de l’artillerie espagnole vint frapper le général et son aide de camp, mettant fin à son exceptionnelle carrière militaire.
Il fut d’abord inhumé au Fort de Bellegarde, dans le bastion qui regarde l’Espagne. En 1800, ses restes furent transférés à Perpignan, puis au cimetière Saint-Martin, où il repose sous un petit monument pyramidal auprès du général Dagobert, tombé sous son commandement sept mois avant lui en Cerdagne. Le nom de Dugommier est inscrit au Panthéon.
En 1892, l’autorité militaire eut l’heureuse initiative d’élever sur le terre-plein du bastion d’Espagne un monument pyramidal quadrangulaire en granit, rappelant que Dugommier avait reposé à cet endroit.
Les fours à pain
Plus de trois cents ans après leur construction, les fours à pain de Bellegarde sont toujours en bon état et continuent à fonctionner. Ils sont probablement restés en service jusqu’en 1914.
La terrasse panoramique
En effet, cette partie du château offre un vaste et magnifique panorama sur les plaines du Roussillon au nord et du Haut-Empordà au sud. On peut distinguer au nord la chaîne des Corbières et son point culminant, le pic de Bugarach (1 230 m). À l’ouest, les monts du Vallespir, les Aspres et le Canigou (2 784 m).
À l’est, après un dernier soubresaut au pic Saint-Christophe (1 001 m), dont la masse rocheuse très proche attire le regard, la chaîne des Albères vient mourir près du Boulou. Enfin, la vue plonge encore sur le village du Perthus, l’autoroute et le poste-frontière, dominés par la pyramide de Ricardo Bofill symbolisant les deux Catalognes.


